Les côtes de Toul à vélo

Rencontre avec une vigneronne passionnée

© Regine Datin

Partez à vélo sur la Boucle de la Moselle et parcourez les 46km qui séparent de Nancy de Toul le long de la Moselle et des canaux (possibilité de location de vélo électrique à la Maison du Vélo). Arrêtez-vous dans le vignoble toulois pour rencontrer des producteurs passionnés à l’image d’Isabelle Mangeot du Domaine Régina.

Empreints de simplicité, de convivialité mais aussi de multiplicité avec treize cuvées différentes, les vins du Domaine Regina sont avenants, en harmonie avec ce qui les entoure. Ils sont aussi bienveillants, respectueux, à la fois naturels et complexes à l’image de la nature dont ils sont issus et de la nature humaine qui les façonne. Leurs histoires racontées par la maîtresse des lieux.

R comme Reconversion

Historiquement, nous avons commencé le 1er avril 1997. Le début, c’était une vigne de 1,76 ha prise en location auprès d’un monsieur qui avait plus de 70 ans à l’époque. Nous étions alors tous deux chez Kléber : mon mari était chef de projet informatique et moi, responsable de service. Aujourd’hui, le domaine représente 15,5 ha. Nous avons arrêté respectivement de travailler chez le manufacturier en 2005 et 2009. J’ai malheureusement perdu mon mari en 2015 et je poursuis l’aventure toute seule depuis. Mais je suis tout de même aidée par trois employés au vu de la surface.

E comme Eau

Ma passion pour le vin remonte à 1997. C’était surtout celle de mon époux car jusqu’à l’âge de 24 ans, je ne buvais que de l’eau ! Au grand regret de mon père qui ne m’a pas connu vigneronne car il est décédé en 1996. Ce qui m’a toujours attirée, c’est le fait de produire quelque chose de mes mains en lien avec la nature. Puis lorsqu’un client vient, qu’il soit chef d’entreprise ou ouvrier, on ne parle que de vin. C’est une passion qui unit les gens et supprime les barrières sociales. Les clients apprécient mon vin : cela me conforte dans l’idée que j’ai eu raison de continuer toute seule même si cela n’a pas été facile au début.

G comme Gris de Toul

En 24 ans, mon mari et moi-même n’avons jamais atteint les quotas de l’appellation. Tant et si bien que nous avons des vins un peu plus concentrés que les autres. Nous nous donnons les moyens d’avoir de faibles rendements, gage d’une belle maturité. Je fais des élevages sur lit caractéristiques d’un vin gras et très fruité. Avec sa couleur saumonée chatoyante et une robe rose cristalline et limpide, le Gris de Toul est sans doute le vin le plus connu du terroir lorrain. Il s’accorde à merveille avec les coquillages et les plats typiques du terroir lorrain comme la quiche, la tourte ou le pâté lorrain. Pour sa part, l’Auxerrois, les Côtes de Toul blancs, devient divin en compagnie d’une blanquette de veau ou d’un foie gras poêlé mais peuvent également se servir avec des fromages de chèvre ou à pâte pressée non cuite. Enfin, le Pinot noir, les Côtes de Toul rouges, qui se reconnaît à sa robe rubis clair et son arôme teinté de framboise et de cassis, convient parfaitement aux rôtis, aux paupiettes de veau et à la pintade.

I comme Investissement

La vision de l’activité de vigneron est tronquée. Tout le monde pense qu’on taille la vigne l’hiver, que l’on fait des traitements l’été pour ensuite récolter. Pas du tout ! Car on s’investit toute l’année, hormis les mois d’octobre et de novembre qui sont un peu plus tranquilles.

N comme Nature

Je fais la moitié de mon chiffre avec des particuliers, l’autre moitié avec des cavistes et des restaurateurs où je suis également très bien implantée. 80 % sont des locaux, hormis les cavistes qui se retrouvent aux quatre coins de la France. Je n’ai jamais perdu cette moitié de particuliers pendant la Covid. Je n’ai jamais mis mes employés au chômage car on ne peut pas empêcher la nature de pousser ! Aujourd’hui, la situation est (presque) revenue à la normale et j’ai très bien travaillé en juillet et en août. Chaque année, le but est de proposer un beau millésime.

A comme Atavisme

Ma fille Lorraine reprendra certainement le domaine et fait actuellement une licence en science des organisations. Mais plus qu’un métier, je veux lui faire comprendre que c’est un sacerdoce. Il faut avoir fait ses vœux avant (rires) ! Si on ne porte pas le projet, vous ne faites pas ce métier. C’est à la fois difficile nerveusement et physiquement. Plus les années passent, plus la terre est basse car on fait les trois quarts des choses à la main. Il n’y en a pas beaucoup qui auraient échangé ma vie contre la leur. La journée, je vais avec mes employés dans les vignes ; ils viennent avec moi au Chai pour la mise en bouteille ; je reçois également mes clients et puis, le soir, je fais ma comptabilité et assure les tâches administratives. Mais quand on est passionné…

Vous pouvez vous rendre du Domaine Régina (350 rue de la République, 54200 Bruley) pour découvrir leur production, du lundi au jeudi de 13h30 à 18h30, le vendredi et le samedi de 10h à 12h et de 13h30 à 18h30 ou sur rendez-vous.

Pour une dégustation plus rapide, vous trouverez également des Gris de Toul à la boutique de l’Office de Tourisme place Stanislas.

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